Quand on voit un writer dans un film hollywoodien ou un jeu vidéo, c’est souvent comme si l’artiste n’avait qu’à brasser la canette de gauche à droite devant un mur pour qu’une image aux cent couleurs apparaisse. Bien que cela fasse rire les adeptes, ils sont eux-mêmes souvent coupables d’une omission semblable. En regardant un mur graffité, on ne s’imagine pas d’autre itération, des compromis ou des inspirations survenues entre la conception et la réalisation du mur. Que ce soit dû à une couleur oubliée, une canette bouchée ou encore des obstructions sur le mur, rares sont ceux qui produisent des murs identiques à leurs esquisses initiales. Même là, pour chaque croquis qui se fait peindre il y a souvent bien plus d’itérations qui ne voient pas le jour. Le sketchbook est une partie intégrale du graffiti. C’est un des seuls artéfacts qui perdure dans une culture foncièrement éphémère. Chacun raconte l’histoire de son propriétaire. Celui d’une rassembleuse contiendra plus de sketchs des amis que des siens; celui du distrait saute des pages et risque de commencer à la fin; celui d’une minutieuse risque d’être sur feuille quadrillée, avec blanco et crayon 4H. De plus, il y a ceux qui dessinent chaque détail tandis que d’autres ne font qu’une ou deux lettres. Il y a ceux qui ne te déchirent une page de cahier qu’une fois rendus au mur. Il y a ceux qui dessinent uniquement sur le mur, avec des outlines de six couleurs différentes et de l’effaçage au primer. Les produits finaux ont beau se ressembler, les processus pour s’y rendre sont innombrables. Dans cette exposition, une vingtaine d’artistes démontrent leurs différentes approches pour se rendre à leur produit final. Nous vous invitons à découvrir si leurs approches vont à l’encontre de vos attentes ou si leurs dessins révèlent un côté inattendu de leur personnalité.